Evaluation psychophysique des effets de l'âge et d'une perte auditive neurosensorielle sur la capacité à percevoir les informations temporelles de signaux sonores

Dans le cadre de la réalisation du mémoire présenté en vue de l’obtention du Diplôme d’Etat d’Audioprothésiste, une étude scientifique a été menée, sous la direction du Professeur Christian LORENZI du Département d’Etudes Cognitives  de l’Ecole Normale Supérieure de Paris, et de Stéphane LAURENT. Elle s’est déroulée principalement dans les laboratoires d’audioprothèse de Gourin, Carhaix et Rostrenen.

La plainte des patients malentendants est la difficulté à percevoir la parole en milieu bruyant. Partant de ce constat, de nombreuses études scientifiques ont été réalisées afin d’expliquer ces troubles d’intelligibilité. Dans le but de préciser les effets du vieillissement et/ou de la perte auditive sur la compréhension de la parole, un protocole de tests de détection de signaux sonores a été mis en place. Une partie des tests s’est déroulée à Gourin, Carhaix et Rostrenen, entre février 2015 et avril 2015, avec la participation bénévole de 22 patients malentendants appareillés. Trois séances d’environ deux heures de tests étaient nécessaires.  Malgré la difficulté de certaines tâches, ainsi que la concentration requise, l’investissement de chaque patient a permis de collecter des données précieuses pour l’avancement des recherches.

Ces résultats mis en commun avec ceux de précédentes études, nous ont permis de souligner que le vieillissement et la perte auditive engendrent des troubles sensoriels à l’origine de difficultés de discrimination de la parole dans le bruit. Ceci, même lorsque l’on restaure l’audition par un appareillage auditif.

Cependant, l’existence de limites notamment dues à la faible cohorte de patients testés, empêche de conclure sans crainte quant à l’absence d’un effet central cognitif sur l’ensemble des tâches effectuées.

Il n’est actuellement pas possible de réhabiliter les déficits à l’origine de ces troubles d’intelligibilité. Dans la pratique de l’audioprothèse, on peut toutefois essayer de faciliter la compréhension en milieu bruyant grâce à l’utilisation de débruiteurs. Le débruitage du signal peut ainsi permettre de minimiser l’impact du bruit sur la perception de la parole.

Ces premiers résultats apportent des éléments en faveur de l’existence de déficits purement sensoriels, et non cognitifs. Si cette thèse se vérifiait, elle permettrait de diminuer la suspicion de troubles attentionnels chez le patient dont les bénéfices audioprothétiques sont limités. Cette prise de conscience est importante sur le plan clinique, et ce tant pour le patient et son entourage, que pour l’audioprothésiste.

Etude réalisée par Camille Cellié, élève à l'école d'audioprothèse JE Bertin de Fougères - 2015